En Thaïlande, les ladyboys, ce que l’on appelle aussi le troisième sexe Katoy, est toléré depuis bien longtemps et ne choque plus personne. Il n’est pas rare d’en croiser, par exemple dans des restaurants à Bangkok, où vous pourrez voir de magnifiques serveuses ladyboys, aux corps et courbes de rêves. Cependant, est-ce que les ladyboys sont réellement acceptées en Thaïlande ? 

Les ladyboys en Thaïlande, les chiffres

Il faut savoir que les ladyboys, aussi appelée shemales, katoeys ou encore transsexuelles, sont plus d’un million, ce qui signifie qu’elles représentent environ 2% de la population du pays. Elles font aussi partie des clichés de la Thaïlande, mais aussi de l’industrie du sexe. Cependant, elles ne sont pas toutes des prostituées dont la vie se résume à servir les touristes Occidentaux. Les ladyboys essayent de se faire une place bien ancrée dans ce magnifique pays qu’est la Thaïlande, malgré un grand nombre de difficultés qui se dressent devant elles

Comment changer de sexe en Thaïlande ?  

Beaucoup de ces ladyboys se sentent comme en décalage avec leur propre sexe et souhaitent en changer, et ce depuis l’adolescence, voire même l’enfance. Le chemin du changement de sexe est long et relève d’un véritable challenge pour la ladyboy. En effet, il y a plusieurs étapes afin de permettre la transformation complète, et celles-ci sont :

  • La prise d’hormones féminines, celles-ci étant délivrées sans ordonnances
  • La pose de prothèses mammaires
  • La chirurgie esthétique afin d’avoir un visage plus féminin et l’injection de botox
  • L’ablation du pénis
  • La pose du vagin artificiel

Bien que la Thaïlande soit un pays spécialisé dans vaginoplastie et que ses centres de chirurgie plastique sont très réputés, beaucoup de ladyboys s’arrêtent avant l’ablation du pénis ou la pose du vagin artificiel. Pourquoi ? Principalement par manque d’argent, mais aussi pour d’autres raisons, comme l’obligation de : 

  • Avoir vécu pendant une année entière en tant que femme
  • Avoir reçu un traitement hormonal pendant une longue période
  • Recevoir l’approbation d’un psychiatre
  • Recevoir l’approbation d’un second psychiatre.  
  • Enfin, pour les ladyboys ayant entre 18 et 20 ans, il faut l’accord parental pour la chirurgie. 

Les ladyboy en Thaïlande

trop belle

La Thaïlande, à ce jour, est le pays ayant la plus grande concentration de ladyboys du monde. Le troisième sexe est accepté au niveau social et de plus, le bouddhisme, religion pratiquée par beaucoup de thaïlandais, ne condamne en aucun cas la transsexualité. En fait, la religion reconnait même deux genres de plus que ceux reconnu partout dans le monde, à savoir « double nature » et « nature sexuelle non usuelle ». De ce fait, la notion de troisième sexe est largement ancrée dans la vie quotidienne en Thaïlande, ce qui n’est pas le cas des autres pays de l’Asie du Sud-Est. L’influence occidental mettant les « déviants sexuels » à l’écart à fortement poussé ces pays à ne pas accepter les communautés LGBT ainsi que les ladyboys. 

De plus, il faut savoir qu’avoir des relations sexuelles avant le mariage est très mal perçu en Thaïlande. Il s’agit d’une tradition, encore pratiquée dans les milieux ruraux, où lorsque quelqu’un souhaitait des relations sexuelles hors mariage, et qu’il ne trouvait pas de prostituée, alors il choisissait une katoey à fréquenter jusqu’au mariage, afin de ne pas souiller une jeune femme avant cette cérémonie. 

Si, depuis 1998, les ladyboys ont droit à leurs propres élections à Pattaya, elles sont aujourd’hui socialement très bien intégrées et acceptées : elles animent des émissions à la télévision, elles ont droit à leurs propres toilettes publiques et même à leur propre concours appelé le « Miss Tiffany Universe ». Chaque année, en mai, cette émission est très suivie : en sachant que la Thaïlande compte environ 68 millions d’habitants, l’émission est suivie par 15 millions de personnes. 

Je vous laisse avec une vidéo de Miss Tiffany 2017, c’est vrai que la gagnante est jolie.

La Thaïlande serait-elle alors le pays où tout est parfaitement accepté ? Malheureusement, la réalité est souvent très différente de cela. 

Ladyboy objet sexuel ?

La réponse est non.

Les ladyboys sont souvent réduites à l’état d’objet sexuel pour amuser les touristes à la recherche de sensation. À cause de cela, elles doivent adopter un comportement totalement stéréotypé de « grande folle » pour entrer dans l’industrie du sexe thaïlandaise. Parfois, cette option est la seule qui s’offre à elles. En effet, si des métiers comme vendeuse, coiffeuse ou des emplois dans l’industrie du tourisme sont accessibles aux ladyboys, tous les métiers dits « masculins » ne sont pas accessibles pour elles. De plus, elles ne peuvent pas non plus avoir des jobs tels qu’avocate, médecin ou psychiatre, jobs considérés comme de « haute responsabilité ».  

Par contre on les retrouve de plus en plus travaillant chez des grandes marques Vuitton, Gucci, Dior …

Mais malgré tout cela, il y a des ladyboys qui se battent tous les jours afin de faire valoir leurs droits. Nous pouvons, par exemple, nommer Parinya Kiatbusaba, ex-championne de muay thai, qui s’est rendu sur un ring de boxe en soutien-gorge, provoquant ainsi le monde viril qu’est celui de la boxe. Cet évènement a été fortement relayé dans les médias et a eu des conséquences positives pour les ladyboys thaïlandaise.

 

manek


Share.

About Author

manek

Photographe, écrivain raté, comique pas drôle, gras et gros et un peu chauve, Manek aime parler de lui à la troisième personne. Le seul ami de Manek, Charles habite dans le coin droit de son cerveau. Manek aime : Céline Dion, les inconnus, manger des testicules de fugu, et Pang son amoureuse virtuelle.

Leave A Reply

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

En continuant à utiliser le site, vous acceptez l’utilisation des cookies. Plus d’informations

Les paramètres des cookies sur ce site sont définis sur « accepter les cookies » pour vous offrir la meilleure expérience de navigation possible. Si vous continuez à utiliser ce site sans changer vos paramètres de cookies ou si vous cliquez sur "Accepter" ci-dessous, vous consentez à cela.

Fermer